Le visage de Marianne

Serrée tout contre le coeur de Jésus

Témoignage de Marianne O., Veuve à 29 ans après 2 ans et demi de mariage

Son rire est contagieux. Marianne O. est rayonnante, malgré les drames qu’elle a vécus : la perte de son père, puis de son mari. La jeune femme, dit même: « je ne manquerais pas un seul jour de ce que j’ai vécu ».

Le bonheur conjugal de Marianne O. n’aura duré que deux ans et demi avec l’amour de sa jeunesse. Le 7 octobre 1992, son mari va faire un petit tour à vélo au crépuscule. Un conducteur d’automobile, brusquement ébloui par des phares arrivant en face de lui, ne voit pas le cycliste. Hansjörg O., enseignant du secondaire, ne survit pas au choc. Et Marianne O. se retrouve veuve à 29 ans.

A son propre étonnement, elle reste calme intérieurement, comme soutenue par une main invisible. Des amis prient beaucoup pour elle pendant cette période. Le ciel semble ouvert au-dessus d’elle. Elle lit beaucoup les psaumes, peut chanter, sortir sa douleur en pleurant. Elle comprend que Dieu l’a en quelque sorte préparée. En fait, elle aurait voulu participer à une formation continue importante pendant ces jours, mais différentes raisons l’en empêchèrent. Lorsqu’elle demanda en prière à Dieu pourquoi elle ne pouvait pas se rendre à ce cours, elle reçut un verset dans Jean 11,25: « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ». Sur le moment, cette parole ne lui dit rien. Mais trois jours plus tard, après la mort de Hansjörg, elle s’en souvient. C’est ainsi que Jésus consola Marthe après la mort de son frère. Marianne reprend des forces. Bien qu’elle n’ait aucune idée de la suite des événements, la présence de Dieu est presque palpable pour elle.

« Dieu a béni notre relation. J’avais 17 ans, et Hansjörg 20 lorsque nous nous sommes rencontrés. C’était une belle amitié de jeunesse. Nous avons été amis pendant 9 ans avant de nous marier ». Marianne raconte comment ils ont trouvé une relation plus proche avec Jésus-Christ. Petite fille, elle avait appris à prier avec sa grand-mère. Elle avait entendu parler de Jésus à l’école du dimanche. « C’était beau et triste à la fois parce que je sentais qu’il y avait là plus à vivre avec Dieu mais je ne le trouvais pas ». Lorsqu’elle a 25 ans, son père meurt. Tout est noir autour d’elle. Sa première pensée: « Maintenant, plus personne ne sera fier de moi »! Elle veut en savoir davantage sur Jésus. Elle sait que son prof de physio est chrétien et lui demande conseil. Elle prend contact avec un groupe de jeunes et décide de s’engager dans une relation avec Jésus. Quelques mois plus tard, Hansjörg fait le pas lui aussi.

« Sa manière de croire était plus décontractée que la mienne », se souvient Marianne. « C’était un prof très apprécié. Aujourd’hui encore, des gens viennent me parler et confirment cela. Quant à moi, j’étais plus tranchée, dans ma manière de penser. J’ai parfois rebattu les oreilles à certaines personnes sans ménagements avec ma « vérité », cherché à les convaincre et en ai blessé plus d’un. Dieu m’a fait entrer dans un processus pour rendre mon cœur plus sensible ».

Un des facteurs déclencheurs de ce processus est certainement la perte de Hansjörg. Pourtant contrairement à ce qui s’était passé avec son père les choses ne sont plus toutes sombres. Une paix intérieure l’enveloppe. « Comme si Dieu me serrait tout contre son cœur »!

Marianne devient plus sensible à la voix de Dieu, va vers les gens qu’elle a blessés et leur demande pardon. Quelques mois plus tard, elle rencontre Maria P. lors d’une semaine sur la relation d’aide, une femme veuve qui a vécu des choses semblables. Marianne prend conscience de la peur qu’elle a du Saint- Esprit: « Je me suis mise à pleurer et j’ai demandé pardon au Saint-Esprit de l’avoir évité et d’avoir eu peur de lui ». Un déclic se fait. Marianne parvient soudain à faire des additions, ce qu’elle n’arrivait jamais à faire auparavant. Elle s’ouvre à la musique. Les blocages dus au manque d’amour et à l’indifférence tombent en morceaux. Elle arrive à mieux ressentir les gens et à accepter leur différence. Elle découvre que des gens sont consolés et encouragés en la rencontrant. « C’est avec mon pasteur que j’ai appris le plus de choses », dit Marianne. « Quelqu’un disait de lui: "Tu es la seule personne avec laquelle je peux vraiment être moi-même." - C’est comme ça que je veux être moi aussi »!

  Le visage de Marianne

Son pasteur dit d’elle: « Elle est extrêmement généreuse. Elle aime aider les gens et elle est pleine de joie de vivre ».

Marianne voit l’amour avec lequel Jésus la forme. « Il est toujours positif. Il essaie d’attirer mon attention avec un minimum de secousses. Parfois, il doit secouer un peu plus fort. Il y quelques mois, j’ai grillé un feu rouge et j’ai eu droit à une amende salée. Comme si Jésus me disait: « Tu ne prends pas garde aux feux rouges dans ta vie ». Je savais que je devais mettre de l’ordre dans mes finances, car j’avais occulté beaucoup de choses dans ce domaine! Je suis convaincue que tout ce qui nous arrive peut être utile à Jésus pour nous mener vers une plus grande liberté. Il veut que nous parvenions à la vie. Il ne veut pas que nous usions nos propres forces à nous précipiter pour lui. C’est vrai qu’il nous a fait des dons qui vont porter du fruit. Mais il veut que nous l’écoutions pour affiner ces dons et que nous produisions vraiment du bon fruit en collaboration avec lui. Autrefois, je voulais surtout être un canal au travers duquel Dieu pouvait déverser sa bénédiction. Je me voyais comme une servante de Dieu. Cette image se modifie de plus en plus pour que j’arrive à me percevoir comme une fille adulte, aimée du père. J’aime beaucoup être proche de Jésus et pouvoir entendre ce qu’il dit. J’entends sa voix dans les chants, dans la nature, à travers d’autres personnes, au travers de situations particulières dans la Bible et simplement dans mes pensées, lorsque je prie ».

Certaines personnes s’attendaient à ce que Marianne sombre dans la dépression, mais sa joie de vivre est intacte. A-t-elle du talent pour camoufler ses sentiments négatifs? « Je ne crois pas; je sais que je pourrais me plaindre et que Dieu prendrait cela en compte ». Marianne est réconciliée avec son histoire. « Je n’aimerais manquer aucun jour de ma vie. Peut-être n’aurais-je jamais connu de cette manière ces dimensions d’amitié avec Dieu et les hommes ».

Pourquoi Dieu l’a-t-il créée? – La réponse de Marianne est claire et concise: « Pour l’adorer »! dit-elle, rayonnante.

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