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Après les souffrances, le rêve

Gero H., responsable d'un centre de soins de différentes dépendances

« Vous êtes un cas incurable de polytoxicomane ! » le diagnostic du psychiatre était sans appel. Gero H. était condamné. Cela faisait des années qu’il consommait de l’alcool et des amphétamines, de l’héroïne, de la cocaïne, de la mescaline et du LSD. Et là, après une série d’hospitalisations, les médecins baissaient les bras. Selon eux, la mort de cet homme d’une trentaine d’année n’était plus qu’une question de temps. Une courte vie remplie de souffrance, de misère et de larmes allait bientôt prendre fin.

1944. – Le dernier hiver de la guerre commence. Tandis qu’Eugen H. se bat sur le front oriental et devient prisonnier soviétique, sa femme Sinaida prend la fuite devant l’Armée rouge à Posen avec ses deux garçons. Le plus jeune, Gero, n’a pas encore deux ans.

En fuite

Ils rejoignent Gotenhafen, au bord de la mer Baltique. Le « Wilhelm Gustloff » doit les prendre tous trois à son bord. L’ancien bateau à vapeur, bondé, prend la mer. Plus de dix mille personnes, principalement des réfugiés, sont montés à bord en cette nuit glaciale de janvier. Mais Sinaida H. et ses enfants n’ont pas réussi à monter à bord. Au cours de cette même nuit, le « Gustloff » est sabordé par un sous-marin soviétique.

Le naufrage du « Wilhelm Gustloff »

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1945 se produisit une catastrophe majeure dans l’histoire de la navigation. Sous la pression des événements, le capitaine du «Gustloff » se résolut à tenter la traversée sans escorte de la zone occupée par la marine de guerre. Un sous-marin soviétique décela le paquebot et l’envoya par le fond en tirant trois torpilles. Selon Heinz Schön, auteur de « SOS Wilhelm Gustloff », 1239 naufragés purent être sauvés mais 9343 personnes perdirent la vie.

Par voie de terre, la mère et ses deux enfants atteignent Pritzwalk dans le Brandebourg. Dimanche soir 15 avril, un train s’arrête pour la nuit dans la gare de la petite ville, chargé d’explosifs et de pièces d'aviation pour missiles. Au cinéma, on assiste à la projection de la comédie « Un début si innocent ». Un avion de reconnaissance des alliés découvre le transport de munitions et ouvre le feu. Le train de marchandises explose. Une terrible onde de choc passe sur Pritzwalk. Gero, qui regarde par la fenêtre juché sur une chaise, est violemment projeté contre le coin d’une table. La maison est épargnée, mais le jeune garçon subit de graves blessures crâniennes.

Sinaida H. n’arrive pas à rejoindre la zone d’occupation des forces de l’Ouest. Elle trouve du travail au ministère soviétique de Berlin- Est. Elle parle couramment l’allemand, l’estonien et le russe, comprend le français et l’anglais. Un jour, deux officiers soviétiques la suivent dans son appartement et la violent. Debout dans son lit, Gero assiste à la scène en hurlant.

Le garçon présente des troubles du langage. Deux années passent avant que son père ne rentre de captivité. Mais les parents sont devenus étrangers l’un à l’autre. Ils divorcent.

Guerre froide

 


Sinaida S.-H. vécut la révolution bolchevique d’octobre et fut déplacée de force après la signature du pacte entre Hitler et Staline. Elle prit la fuite vers l’Ouest en 1945 et parvint à fuir Berlin Est en 1952.

Au ministère, on veut pousser Sinaida H. à l’espionnage. Ses deux fils serviraient au KGB de garantie pour le retour. 1952: La mère veut s’installer à l’Ouest, mais elle hésite. Fuir à nouveau, prendre à nouveau des risques, tout recommencer à zéro? Enfant, elle avait déjà fui avec ses parents devant les Bolcheviques de Novgorod en Estonie. Plus tard, lors de la signature du pacte entre Hitler et Staline, elle avait été déplacée de force à Posen…

Sinaida H. rencontre un homme, Alfred S. Il l’aide à fuir à Berlin-Ouest. Tout ce qu’elle possède avec ses enfants tient dans une petite valise.

Les services secrets de l’Ouest ne croient pas que Sinaida H. est une simple fugitive et la soupçonnent d’être une agente infiltrée.

 

Un jour qu’elle va faire faire ses courses, une voiture s’arrête brusquement le long du trottoir. Deux Russes se précipitent, l’un d’eux lui presse un chiffon imbibé de chloroforme sur le visage, l’autre la tire à l’intérieur d’une voiture. Alfred, entraîné au combat rapproché pendant la guerre de Finlande, intervient et terrasse un des deux assaillants. Les kidnappeurs s’enfuient.

Suite du témoignage


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