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Le bon et la bête

Adrian (à gauche) est contremaître et Sébastien est professeur de gymnastique |
Les frères Adrian et Sébastien L., ont suivi un chemin semblable aux deux frères de la parabole du fils prodigue (Luc 15 versets 11-32). À la différence que c’est l’aîné (Adrian) qui prit le large, alors que le cadet (Sébastien) s’engagea pour la famille. |
Adolescent, il arrachait les pots de
fleurs des balcons, fracturait les maisonnettes
des jardins voisins et bradait des
objets volés, pourquoi ? « Je ne sais pas. Je
voulais tout essayer », explique Adrian
aujourd’hui. Peut-être était-ce aussi pour
digérer la perte de sa mère, décédée alors
qu’Adrian avait douze ans et Sébastien
huit ans. Le père s’était retrouvé seul avec
cinq enfants, complètement dépassé par
les événements. |
Dans un premier temps, Adrian se ressaisit,
commença un apprentissage de fromager
et fonda même avec d’autres une section
d’Union Chrétienne des Jeunes Gens. Mais
l’horaire irrégulier, la nouvelle maman qui
s'établit sous le toit familial, l’alcool et les
drogues l’amenèrent à prendre de plus en
plus de distances avec la famille. Deux
anciens collègues l’introduirent dans le
milieu rock (soft). Pour pouvoir devenir
membre du club de motos « Excalibur », il
devait posséder son propre engin et le permis
de conduire. Son père, d’abord opposé
à l’idée, finit par se laisser amadouer et
mit même un peu de sa poche pour réaliser
les rêves de motard de son fils. |
Courses-poursuite et
fusillades |
« A dater de ce jour, je n’étais plus à la maison », raconte Adrian. « Avec les Hell’s
Angels, nous supervisions des concerts de
hard rock; il y avait là des gars d’un autre
calibre: beaucoup de proxénètes, de gars
sachant manier les armes, des taulards ».
Adrian passa successivement des rôles de
« intéressé » à « pressenti », « membre » puis
« chef de meute » dans la hiérarchie
d’Excalibur. Jour et nuit il travaillait pour le
club, organisait des camps et des fêtes. Il
était débrouillard et volait des lapins dans
les clapiers pour se nourrir.
Il vola un moteur pour augmenter la puissance
de sa moto. Adrian se retrouvait toujours
plus souvent dans des bagarres, des
fusillades et des courses-poursuite avec la police. « On roulait souvent en étant complètement
saouls; j’aurais pu me tuer dix
fois », raconte-t-il. |
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Le rocker en route.
Adrian L. à l’époque
d’« Excalibur »…
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Les parents risquèrent une ultime tentative
pour sauver Adrian lorsqu’il fut emmené
en prison. Le père perdit les pédales et
explosa. La famille L. tint un conseil de
famille et Sébastien insista en disant que la
coupe était pleine, qu’Adrian ne devait plus
habiter à la maison. |
Sébastien : engagement
pour l’honneur
de la famille |
« Je n’étais pas un ange non plus » reconnaît
le plus jeune frère. « Peu de temps
auparavant, la direction de l’école s’était
plainte auprès de mon père que j’étais le
plus culotté et le plus paresseux de toute la
classe ». Mais lorsque l’affaire avec Adrian
prit de l’ampleur, Sébastien décida de ne
plus causer de problèmes supplémentaires.
« J’avais le sentiment de devoir sauver l’honneur de la famille vis à vis de mon
père, surtout au niveau scolaire ». A partir
de ce moment, les choses allèrent mieux
à la maison. Mais pour Sébastien, cela
signifiait aussi le renoncement: « J’aurais
aimé plus que tout au monde jouer au
foot, mais mes parents ne voyaient pas
cela d’un bon œil »… |
De son côté, Adrian avait déménagé dans
un « boui-boui » avec Sonia, sa fiancée
rock. Sonia se débattait avec des problèmes
de drogue. Par l’intermédiaire d’une
copine, elle alla trouver un pasteur qualifié,
qui lui proposa de venir accompagnée
d’Adrian. celui ci ne s’attendait pas à rencontrer
un homme à l’esprit aussi ouvert.
Sonia et lui prirent part à une série de
conférences chrétiennes. « Je réalisais tout
ce qui s’était passé dans ma vie », raconte
Adrian. « J’aurais pu mourir déjà plusieurs
fois, ou du moins être gravement blessé ». |
La forte tête met sa
vie en ordre… |
Tous deux découvrirent Jésus-Christ comme leur Sauveur et se décidèrent à le suivre. |
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… et après son baptême.
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Adrian commença à mettre sa vie en ordre. Il alla trouver ses parents, leur expliqua tout ce qui s’était passé et leur demanda pardon. Les lapins volés furent payés et on trouva un arrangement pour l’histoire du moteur volé. Sonia se décida à suivre une thérapie; au fil du temps, les deux comprirent qu’il valait mieux se séparer. |
Adrian déménagea dans un collectif d’habitation et s’engagea dans le travail parmi les jeunes et dans la paroisse. Quatre ans plus tard, il épousait Jacqueline, une des filles du pasteur. Ses pas dans la foi et sa remarquable transformation ne laissèrent pas de glace sa famille. |
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…et entraîne sa
famille |
« Après la conversion d’Adrian, c’est
comme si une secousse avait traversé la
famille », se souvient Sébastien. « Nos
parents ne rataient jamais un culte, mais
vivaient leur foi de manière discrète et
silencieuse. Entre frères et sœurs, nous
avions bien reçu une éducation chrétienne,
mais nous ne connaissions pas de paroisse
aussi vivante, ni cette dimension du
Saint-Esprit à laquelle Adrian nous a
confrontés. Je me réjouissais beaucoup de
son retour et de son changement visible,
mais j’étais dubitatif: était-ce juste une
pieuse frénésie ou cela tiendrait-il? Adrian
était devenu LE héros. Tous n’avaient d’oreilles
que pour sa transformation, évidente,
et pour son « nouveau monde. » « J’étais
désécurisé. Je mis quelques années avant
de parvenir à une foi plus autonome, plus
vivante. Jusque là, Dieu avait toujours été
celui qui est toujours là, celui qui contrôle,
qui surveille et punit. Au contact de chrétiens
que j’avais rencontrés lorsque j’étais
étudiant, j’arrivais peu à peu à faire l’expérience
de Dieu comme d’un père aimant ». |
A quoi Adrian attribue-t-il sa singulière
conversion? « Il y a sûrement mon arrière-plan
chrétien que je n’ai jamais perdu de
vue », pense-t-il. « Souvent même je priais
intérieurement lorsque je vivais des situations
impossibles au Club : "Pourvu qu’il ne
se passe rien de grave!" ». |
Les personnes plus modérées ont-elles
plus de difficulté à trouver le chemin qui
mène au cœur de Dieu ? – Jacqueline, l’épouse
d’Adrian répond: « Les choses se
passent plutôt dans l’intimité. Tu sais que
tu as un engagement à respecter, que tu
ne peux pas continuer à vivre dans l’indifférence.
Et lorsque tu vois changer de vie
des gens de la rue, tu ne peux pas rester
indifférent »!
Celui qui rencontre Jésus est confronté à
lui-même. Il invite chaque être humain à
prendre conscience de sa propre misère
extérieure ou intérieure, à sentir la distance
qui le sépare de Dieu et à revenir à la
maison. Jésus n’attend pas seulement
d’embrasser des filles et des fils qui sont
tombés ; il cherche aussi les valeureux frères
et sœurs pour construire avec eux une
relation de cœur à cœur. |
Situation actuelle |
Des frères réconciliés :
Adrian travaille
aujourd’hui
comme contremaître
et vit dans le vignoble
zurichois avec sa
famille. Sébastien est professeur
de gymnastique et
enseigne dans une
école professionnelle.
Lui et sa famille vivent
à Winterthur. |
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