Nathalie

Nina Hagen était mon idole

Nathalie S., conseillère en relation d'aide

La représentation que Nathalie S. se faisait de Dieu s’inspirait de son entourage chrétien, de sa mère… et de Nina Hagen. A l’adolescence, elle se sentit de plus en plus limitée par sa foi. A force de vouloir prendre des distances, elle se retrouva en pleine crise existentielle. Aujourd’hui, ce ne sont plus les autres et leurs expériences de foi qui déterminent sa propre vie.

Lorsque Nathalie S. eut onze ans, la vie de sa mère se changea du tout au tout. « Elle trouva un nouveau sens à sa vie à travers la foi chrétienne et fut guérie d’une grave dépression », raconte-t-elle. Sa mère lui expliqua que Jésus était mort pour nos péchés et qu’il avait créé une nouvelle vie pour elle aussi. Nathalie S. eut envie de connaître cette nouvelle vie, et c’est ainsi qu’elle confia sa vie à Jésus dans le cadre d’un camp chrétien pour enfants.

Plus tard, elle fit la connaissance de Nina Hagen. Une femme qui vivait selon de clairs principes chrétiens comme l’amour du prochain, le pardon, la générosité et la compassion, même au cœur des périodes les plus folles de sa vie. « Et j’avais l’impression que malgré le doux mélange avec Bouddha et Allah, Jésus avait une place dans son cœur », explique Nathalie.

 

Photo de Nathalie en 1980
Nathalie S. en 1980

Lorsqu’à l’âge de onze ans, Nathalie confia sa vie à Jésus, elle était heureuse. Elle lisait beaucoup de choses sur Jésus et passait des heures à parler avec lui. Par la suite, elle côtoya des personnes venant de milieux chrétiens très fermés. « Il y avait là beaucoup d’obligations qui partaient d’un bon sentiment, mais qui en fait visaient à nous couper du monde soi-disant mauvais » poursuit-elle. Le bonheur tout simple du quotidien disparut. Aller au cirque ou à la patinoire était interdit. « Jésus devint une figure ennuyeuse, ennemie de la vie, qui pendait lamentablement à la croix ».
Vivre avec un tel Dieu ne paraissait plus digne d’intérêt, et Nathalie recherche une vie pleine de libertés, sans structure chrétienne établie. Par son nouveau look, ses vêtements, son maquillage et son comportement, elle commença à marquer ses distances avec cette vision étroite de la foi chrétienne. Elle trouvait important de respecter sa propre volonté, et cela lui plaisait bien de ressembler à Nina Hagen.

 

Son retrait de la communauté religieuse ne passa pas inaperçu. Le pasteur la gratifia d’une gifle en pleine rue lorsque, âgée de 14 ou 15 ans, elle refusa de revenir au culte.

Nathalie souhaitait tourner le dos à ces expériences négatives. Bien plus tard se posa la question d’effectuer un apprentissage en Suisse. Son but était d’aller en Amérique pour devenir actrice et chanteuse. Son voyage prouverait qu’elle pouvait vivre mieux sans Dieu. En Amérique, elle fit personnellement la connaissance de Nina Hagen, son idole. Chargée de dossiers, de photos et de coupures de journaux, elle se rendit à une séance d’autographes, et le soir même, rendait visite à Nina Hagen. Quelques semaines plus tard, lors d’une conversation sur Dieu et le monde, la déclaration suivante de Nina Hagen lui fit dresser l’oreille: « Jésus-Christ est le chemin, la vérité et la vie » dit cette dernière.

La carrière en Amérique ne se déroula pas comme prévu. A l’âge de vingt ans, après une déception sentimentale, elle se remit à lire la Bible et à prier. Ses problèmes étaient devenus insurmontables. Et sa tentative de prouver qu’elle réussirait mieux sans Dieu se résolvait par un échec.

Malgré tous ses efforts, ses succès professionnels, son look extravagant, la fumée et les sorties en disco, elle n’était pas satisfaite. Nathalie S. se mit à réfléchir aux déclarations de Nina Hagen. Grâce à son idole, elle parvint à s’ouvrir à Dieu: Jésus devint son chemin, sa vérité et sa vie. Et il la conduisit jusqu’à Dieu, à son père céleste. Aujourd’hui, elle sait que le Saint-Esprit l’habite, qu’il la console et la conseille, qu’il met en lumière la vérité et lui transmet la sagesse, la force, la sécurité et le réconfort.

« Toutes ces expériences ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui », dit-elle en reconsidérant sa vie. Sa fierté et son égoïsme furent brisés lorsqu’elle réalisa qu’elle avait besoin de Dieu, et qu’elle dépendait de lui.

Nathalie S. n’est plus la même personne qu’auparavant. Elle travaille aujourd’hui comme conseillère dans la relation d’aide. « Lors d’un cours de relation d’aide que je dirigeais, une femme qui m’avait connue adolescente et avait prié pour moi avec ma mère éclata en sanglots, lorsqu’elle me reconnut. »

Nathalie S. dirige le groupe de femmes « Women of Unity » qui cherche à transmettre l’Evangile aux femmes de tout milieu social.

« Elle va droit à l’essentiel, sait fixer des priorités, est enthousiaste et peut motiver les gens à tenir le coup », déclare Andreas S. au sujet de sa femme. « Son empathie, sa connaissance de la personne humaine et les buts qu’elle s’est fixés m’étonneront toujours. Elle met ses idées en pratique et ne les reporte pas à plus tard. »

« Je suis ouverte, parfois très directe, même trop. Cela ne me fait rien de me confronter à la vérité. Au contraire, je trouve cela passionnant, et de surcroît cela évite les malentendus. Ce que je veux, c’est encourager les gens à chercher Jésus par eux-mêmes, et je souhaite qu’ils ne se rendent pas dépendants d’autres personnes, d’autres expériences avec Dieu », explique Nathalie S.

  Photo de Nathalie et Andreas

Nathalie en 2006 avec son Mari Andreas

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