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Toutes les religions ne mènent-elles pas à Dieu ?

Par Jean-Pierre Besse
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Beaucoup affirment : « toutes les religions sont bonnes pourvu qu’on les pratique ! » Nous pourrions demander : Oui ? Bonnes… à quoi ? Qu’est-ce qu’elles produisent comme effets pratiques sur les personnes, les familles, la société ? En quoi répondent-elles à l’énigme de la mort ? Au vu des résultats, d’autres en concluent que les religions sont de la « frime » et qu’elles sont inutiles, voire nuisibles puisqu’elles ont souvent été sources de conflits et même de guerres. |
« La religion, c’est l’opium du peuple »! a lancé Karl Marx à la fin du 19 ème siècle (le fondateur de l’idéologie communiste). Il entendait par là que les religions distrayaient, par de fausses consolations, les classes laborieuses de la lutte révolutionnaire contre leurs exploiteurs capitalistes.
Mais le religieux touche à quelque chose d’essentiel et de fondamental dans l’humain : le besoin de communion et d’adoration avec une « Grandeur » qui détient la clé du sens de l’existence ; il traduit aussi le besoin d’être délivré des forces de destruction et de connaître la source de la Vie. |
Un bref survol |
| Il y a, me semble-t-il, quatre types principaux de religions (il y en a encore d’autres, mais moins importants numériquement) : |
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Celles qui, tout en croyant qu’il existe une puissance souveraine unique et très lointaine, concentrent leur attention sur le monde des esprits, liés à divers objets de la nature à côté des esprits des ancêtres. Ce groupe de religions est nommé animisme. Selon ces croyances, les esprits ou pouvoirs invisibles peuplent l’univers et exercent une influence maléfique, plus rarement bénéfique, suivant leur nature et la façon dont les humains les considèrent. Les animistes essaient de se concilier ces puissances en cherchant à se les rendre favorables par divers sacrifices ou diverses techniques qui sont en fait des manipulations ; mais celles-ci ne laissent pas leurs praticiens intacts (magie, pratiques occultes, sorcellerie, etc.). Les « sciences » occultes d’aujourd’hui sont en général dans la même ligne, même si elles cherchent à se donner un côté « scientifique ».
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Il y a aussi les religions qui considèrent que « Dieu » est tout, dans tout, et que tout ce qui existe est, derrière les apparences, une manifestation de Dieu : aussi bien les choses que les êtres vivants, autant le mal que le bien. Ce courant est surtout représenté par les diverses traditions de l’hindouisme. L’hindouisme comprend des millions de dieux, contradictoires, bons ou démoniaques ; ils ne sont que l’expression de cette énergie de base. Pour les plus éclairés, chaque être humain doit prendre conscience de son unité avec le Principe originel (Brahmane, par exemple), afin de s’y identifier et de libérer en lui l’énergie cosmique. Les hindouistes tentent d’y parvenir par des exercices astreignants de méditation, de postures, de respiration, (yogas, etc). La loi du Karma veut que le niveau spirituel d’une existence détermine le type de réincarnation dans l’existence suivante. Pour l’adepte, il s’agit donc d’échapper au cours de nombreuses existences successives, au cycle infernal des réincarnations sans fin et d’essayer de progresser pour devenir finalement « dieu », un aspect du « grand Tout ».
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Le troisième groupe (apparenté au précédent) considère que le monde, avec ses existences présentes, n’est qu’une manifestation illusoire, source de toutes souffrances. Le monde serait né d’un « Désir » apparu sans raison au sein d’un état originel bienheureux et indifférencié. Il s’agit donc d’y retourner par une prise de conscience et de se libérer du cycle des réincarnations de ce monde évanescent. Le moyen d’y parvenir serait d’éteindre progressivement tous les désirs et les passions pour s’absorber si possible dans le « Soi » originel et universel... On peut comparer ce genre de démarche à une goutte d’eau qui tomberait dans l’Océan d’où elle vient et s’y fondrait définitivement en y perdant son individualité personnelle. Cet état final est appelé Nirvana. Ce courant, où la notion de Dieu est absente, est représenté principalement par les diverses écoles du bouddhisme.
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D’un point de vue occidental, on pourrait qualifier les deux religions précédentes de spiritualités d’évasion ou de fusion des personnes dans l’Un, voire de négation du monde. Notons que, dans leur pratique populaire, elles dégénèrent souvent dans des formes qui les apparentent au culte des ancêtres ou au courant animiste avec ses pratiques pour se concilier les forces cosmiques. De telles « religions » n’apportent pas de réelles transformations pratiques du monde, puisque celui-ci est presque nié et que la question éthique du bien et du mal a une importance très secondaire. |
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Il existe un quatrième type de religions, appelées religions de révélation monothéiste. Ce courant est représenté par le Judaïsme, l’Islam, et le Christianisme Ces « religions » se réclament toutes d’un Dieu unique (monothéisme). Elles ont à leur origine plusieurs révélations, reconnues comme issues du Dieu unique et personnel, Créateur de tout et juge du bien et du mal. Ces révélations sont connues parce que certains hommes ou femmes sont considérés comme ayant été spécialement choisis par Dieu pour les transmettre à une humanité qui les a ignorées ou écartées. Elles sont destinées à rétablir (ou établir) l’ordre bénéfique et vivifiant voulu par Dieu pour ses créatures.
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